01
Les comptes annuels
Toute personne ayant la qualité de commerçant établit des comptes annuels à la clôture de l'exercice : un bilan, un compte de résultat et une annexe, qui forment un tout indissociable (code de commerce, art. L. 123-12). Ils doivent être réguliers, sincères et donner une image fidèle du patrimoine, de la situation financière et du résultat (art. L. 123-14).
C'est la matière première du pilotage : ce qui n'est pas dans une comptabilité à jour ne peut pas être lu.
02
Soldes intermédiaires de gestion
Le plan comptable général décompose le compte de résultat en soldes. Marge commerciale = ventes de marchandises moins coût d'achat des marchandises vendues. Valeur ajoutée = marge commerciale plus production de l'exercice moins consommation en provenance de tiers. Excédent brut d'exploitation = valeur ajoutée plus subventions d'exploitation moins impôts et taxes moins charges de personnel.
Chaque solde répond à une question : la marge couvre-t-elle le coût de ce qu'on vend, la valeur créée paie-t-elle les équipes.
03
Résultat et trésorerie
Deux grandeurs distinctes. Le résultat rapproche les produits et les charges d'un exercice, qu'ils aient été encaissés ou payés ou non. La trésorerie ne compte que les encaissements et les décaissements : variation de trésorerie = encaissements moins décaissements.
Un écart entre les deux s'explique par les délais de paiement, les stocks, la TVA, les investissements et les remboursements d'emprunt (le capital remboursé n'est pas une charge).
04
Besoin en fonds de roulement
Ce que l'activité immobilise avant d'être payée. BFR d'exploitation = stocks plus créances clients moins dettes fournisseurs moins dettes fiscales et sociales d'exploitation. Délai clients (en jours) = créances clients TTC ÷ chiffre d'affaires TTC × 365. Délai fournisseurs (en jours) = dettes fournisseurs TTC ÷ achats TTC × 365.
Côté droit, le délai de règlement convenu ne peut dépasser soixante jours après l'émission de la facture, ou quarante-cinq jours fin de mois sous conditions ; à défaut de stipulation, trente jours après réception ou exécution (code de commerce, art. L. 441-10).
05
Prévisionnel de trésorerie
Solde de clôture = solde d'ouverture plus encaissements moins décaissements, période par période (semaine ou mois), en toutes taxes comprises puisque la TVA est collectée et reversée avec décalage. Il répond à deux questions : quel est le point bas, et à quelle date.
La loi n'impose des documents prévisionnels (compte de résultat prévisionnel, plan de financement prévisionnel) qu'aux sociétés commerciales de 300 salariés ou plus, ou de 18 millions d'euros de chiffre d'affaires net ou plus (art. L. 232-2 et R. 232-2). Ailleurs, c'est un outil de gestion.
06
Marge par produit, marge par client
Marge sur coûts variables = prix de vente moins coûts variables (matières, sous-traitance, commissions, temps directement consommé). Taux de marge sur coûts variables = marge sur coûts variables ÷ chiffre d'affaires.
La marge d'un client est la somme des marges de ce qu'il achète, moins les coûts propres à le servir : remises, livraisons, support, délai de paiement. Un client rentable en moyenne peut perdre de l'argent sur un produit, et inversement.
07
Seuil de rentabilité
Le chiffre d'affaires à partir duquel la marge sur coûts variables couvre les charges fixes. Seuil de rentabilité = charges fixes ÷ taux de marge sur coûts variables. Avec 600 000 euros de charges fixes et un taux de marge de 40 %, le seuil est de 1 500 000 euros. Marge de sécurité = (chiffre d'affaires moins seuil) ÷ chiffre d'affaires.
Le résultat dépend du partage entre charges fixes et variables, qui est un choix de gestion : il doit être écrit et rester stable.
08
Budget et suivi des écarts
Le budget traduit en chiffres le plan de l'exercice. Écart = réalisé moins budget. Sur un produit, il se décompose : écart sur volume = (quantité réelle moins quantité budgétée) × prix budgété ; écart sur prix = (prix réel moins prix budgété) × quantité réelle. La somme des deux donne l'écart total.
Un écart n'a de valeur que s'il est expliqué et suivi d'une décision : maintenir, corriger, ou réviser le budget.
09
Tableau de bord de pilotage
Une dizaine d'indicateurs, pas plus, chacun avec sa formule, sa source, sa périodicité, son responsable et son seuil d'alerte. On y lit autant l'évolution que le niveau : cumul sur douze mois glissants, comparaison au budget et à l'année précédente.
Un indicateur que personne ne sait expliquer, ou qui ne déclenche aucune décision, n'a pas sa place dans le tableau.
Un seuil légal mérite d'être suivi de près : lorsque, du fait de pertes, les capitaux propres deviennent inférieurs à la moitié du capital social, la question de la dissolution anticipée doit être tranchée dans les quatre mois qui suivent l'approbation des comptes ayant fait apparaître la perte : par les associés dans une SARL (code de commerce, art. L. 223-42), par l'assemblée générale extraordinaire que convoque l'organe de direction dans une société par actions (art. L. 225-248).
Les comptes annuels relèvent du code de commerce. Les indicateurs de gestion de cette page n'ont pas de norme : ce sont des conventions. Ce qui compte est de les définir une fois, par écrit, et de les calculer de la même façon d'un mois à l'autre.