Que doit comporter une facture d'honoraires ?
Les mentions de l'article L. 441-9 du code de commerce : identité et adresse des parties, date de la prestation, dénomination et prix unitaire hors taxe, réductions acquises, date de règlement, conditions d'escompte, taux des pénalités de retard, montant de l'indemnité forfaitaire de 40 euros, et numéro du bon de commande lorsqu'il existe.
Avec la facturation électronique s'ajoutent le SIREN du client, la nature de l'opération (biens, services ou les deux) et, si le prestataire l'a choisie, la mention de l'option pour le paiement de la taxe d'après les débits. Un acompte versé avant la prestation donne lui aussi lieu à une facture (article 289 du code général des impôts).
Un cabinet est-il concerné par la facturation électronique, et à quelle date ?
Oui, comme toute entreprise assujettie à la TVA établie en France. La réception de factures électroniques est exigée de toutes depuis le 1er septembre 2026. L'émission l'est à la même date pour les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire, et au 1er septembre 2027 pour les PME et les microentreprises.
Les factures passent par une plateforme agréée que chaque entreprise choisit librement : celle du cabinet peut être différente de celle de son client.
Quel délai de paiement et quelles pénalités prévoir ?
Les parties peuvent convenir d'un délai, dans la limite de soixante jours après l'émission de la facture, ou de quarante-cinq jours fin de mois si le contrat le stipule expressément et sans abus manifeste. En l'absence de stipulation, le règlement est dû dans les trente jours après l'exécution de la prestation (article L. 441-10 du code de commerce).
Le retard ouvre droit aux pénalités, au taux fixé dans les conditions de règlement (au minimum trois fois le taux d'intérêt légal), et à l'indemnité de 40 euros. Les pénalités sont exigibles sans qu'un rappel soit nécessaire.
Peut-on suspendre la mission si les honoraires ne sont pas payés ?
Le décret du 30 mars 2012 pose le principe : la mission s'exerce jusqu'à son terme, mais peut être interrompue pour des motifs justes et raisonnables, tels que la méconnaissance par le client d'une clause substantielle du contrat, en s'efforçant de ne pas lui porter préjudice (article 156).
Le code civil permet par ailleurs de refuser d'exécuter son obligation lorsque l'autre partie n'exécute pas la sienne et que cette inexécution est suffisamment grave (article 1219), ou de suspendre l'exécution lorsqu'il est manifeste que le cocontractant ne s'exécutera pas, la suspension devant être notifiée dans les meilleurs délais (article 1220). Dans tous les cas, ce qui rend la décision défendable est ce qui a été écrit avant : l'obligation de payer et ses conséquences dans la lettre de mission, puis les relances et la notification.
Quelle différence entre une relance et une mise en demeure ?
La relance rappelle une échéance. La mise en demeure de payer est, selon le code civil, une sommation ou un acte portant interpellation suffisante (article 1344) ; elle fait courir l'intérêt moratoire au taux légal sans que le créancier ait à justifier d'un préjudice (articles 1344-1 et 1231-6).
Aucune des deux n'interrompt la prescription de cinq ans : la Cour de cassation juge l'énumération des causes d'interruption limitative (reconnaissance du débiteur, demande en justice, mesure conservatoire ou d'exécution forcée) et écarte la mise en demeure, même recommandée (chambre commerciale, 18 mai 2022, n° 20-23.204).
Forfait annuel, acomptes, mensualisation : que change la forme des honoraires ?
Le montant et la forme des honoraires relèvent de la liberté contractuelle (article 158 du décret du 30 mars 2012) : forfait, mensualités ou acomptes se décident dans la lettre de mission. Chaque facture émise reste soumise aux mêmes règles de mentions et de délais, et un acompte versé avant la prestation donne lieu à une facture.
Ce qui change en pratique, c'est le nombre d'échéances à suivre. Un forfait mensualisé multiplie les dates de règlement, donc les occasions de retard à repérer, relancer et tracer.